Les débardeurs y causent :

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Les débardeurs y causent :

Message par Rumeurs & CO le Jeu 7 Avr - 21:19

Un astre ardent brillait haut dans le ciel d’un bleu presque absolu, paresseusement obstrué par intermittence de fragments blafards. Une chaleur insupportable sévissait la ville portuaire que pas même une bise n’animait ; il faisait chaud à en crever… Et pourtant les débardeurs, infatigables et en nage dans leurs fripes – qui se résumaient à une crasseuse chemise en lin et grossier pantalon, ne cessaient de décharger et d’enchaîner les allers-retours soutenus, entre un quelconque bateau marchand et des boutiques piteuses. N’allez pas douter des compétences de ces hommes aux allures de simplets, quelles soient d’ordre physique ou intellectuel, vous seriez bien vite dérouté tant par la rapidité qu’ils ont à décocher une droite qu’à user de leur langue acérée… Car au fil des années, il faut leur accorder, le plus simple benêt a tôt fait de devenir le dernier salaud à qui l’on veut chercher des noises… Ils savent tout, avant tous… Et parleraient presque trop, entre eux.  

« Ah ouais ?! C’est connu qu’faut pas les suivre, ces fils de hyènes, faut pas être futé pour l’savoir ! lança fortement une première voix rauque, dissimulée derrière un empilement de caisses.
-C’te vraie c’t’affaire-là, dis, p’tiot ? L’moineau, réduit en charpie ? questionna une seconde, cassée, au dos voûté. C’qu’il m’d’vait un verre, ‘fait. ‘chier. Peuvent pas attendre pour leurs conneries, d’fois que ?
-Sont pas c’nus pour leur patience, t’sais bien, Maurice ! Puis… ! Ton verre, hein… Tu l’as dans l’derrière ! s’esclaffa la masse de muscles ruisselante de sueur d’une claque à la cuisse. Elle épongea par la suite son front perlé d’un sale chiffon, s’octroyant une courte pause pour mirer les reflets du soleil sur les eaux limpides de la Baie. Un simple regard de biais vers son employeur le rappela à sa rude tâche... Sans taire le flot de paroles, bien au contraire.
-On m’a dit c’était une nana aux ch’veux d’vieille qu’est v’nue lui passer l’corde au cou. Vraies salopes, les grosses d’ici… ‘fait, sont pas mal bonnasses… Pas toutes... J’me f’rai pas une meuf aux ch’veux blancs, ça m’f’rait penser à ma mère... Un truc tout ridé, j’t’en parle même pas. Déclara en toute simplicité le dénommé Maurice en se relevant prestement, les paumes abîmées aux genoux brunis.
-J’gage qu’elle veut se faire ramoner le conduit ! rit grassement une nouvelle tête aux boucles blondes, courtes.
-C’tout vu… ! Matez-moi ça, les gars ! C’t’avec ça qu’on devrait bosser, ça nous motiverait… Au lieu de vos gueules ! EH, MA MIGNONNE !» Une ravissante jeune femme qui vaquait à ses occupations – sans doute peu louables – fut la cible de quelques sifflements appréciateurs et de commentaires déplacés… Mais Ô combiens sincères ! Du reste, la rumeur sur la mort du petit moineau de la Baie ne tardera davantage à se répandre, voguant de bouche en bouche, d’oreille à d’oreille.

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Re: Les débardeurs y causent :

Message par Kaiser Tabenka le Jeu 7 Avr - 22:15

Du haut de son perchoir, qui se trouve en réalité être une bête table présente dans l'auberge, logeant le dîner de Kaiser, il tend l'oreille. Analysant les bruits et les rumeurs qui gambadent jusqu'à ces lieux, se demandant comment une personne si inutile à la ville peut faire tant de bruit, une bête caresse sur les mèches blondes accrochées à sa ceinture clouent ses pensées, il en a fini avec cette histoire.
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